TL;DR
L'essentiel en 30 secondes - L'Article 12 du Règlement (UE) 2024/1689 impose aux fournisseurs de systèmes d'IA à haut risque une journalisation automatique des événements (logs) tout au long du cycle de vie du système. - La durée minimale de conservation des logs est fixée à six mois par l'Art. 19, sauf disposition contraire du droit national ou de l'Union. - Les logs doivent couvrir au minimum : périodes d'utilisation, base de données de référence, données d'entrée ayant déclenché une correspondance, et identification des personnes ayant vérifié les résultats. - La CNIL recommande de protéger les journaux contre la falsification par chiffrement, horodatage signé et contrôle d'accès strict. - Les sanctions pour manquement aux obligations applicables aux systèmes à haut risque peuvent atteindre 15 millions d'euros ou 3 % du chiffre d'affaires annuel mondial (Art. 99 §4 AI Act), le montant le plus élevé étant retenu.
L'Article 12 du Règlement (UE) 2024/1689 — couramment appelé EU AI Act — est l'une des exigences techniques les plus structurantes pour les PME qui développent ou intègrent des systèmes d'intelligence artificielle classés à haut risque. Il impose une traçabilité automatique des événements survenus pendant l'exploitation du système. Cette obligation n'est ni théorique ni accessoire : elle conditionne la capacité du fournisseur à démontrer sa conformité en cas de contrôle, à investiguer un incident et à répondre aux demandes des autorités de surveillance du marché.
Cet article détaille le périmètre exact de l'Art. 12, les informations à enregistrer, la durée de conservation, les modalités techniques de mise en œuvre, les obligations connexes et les sanctions encourues. Il est destiné aux dirigeants, DPO, RSSI et IA Lead de PME françaises de 10 à 250 salariés qui doivent traduire le règlement en actions concrètes.
1. Qu'est-ce que l'Article 12 de l'AI Act ?
L'Article 12 du Règlement (UE) 2024/1689 porte le titre « Record-keeping » dans la version anglaise et « Tenue de registres » dans la version française. Il impose que les systèmes d'IA à haut risque soient conçus et développés avec des capacités techniques permettant l'enregistrement automatique d'événements (logs) tout au long de leur cycle de vie.
Principes fondateurs
Trois principes structurent cette exigence :
- Automaticité : la journalisation doit être intégrée au système et ne dépend pas d'une action manuelle de l'opérateur ou de l'utilisateur final.
- Conformité aux normes : les capacités de journalisation doivent respecter les normes ou spécifications communes reconnues dans leur domaine.
- Traçabilité fonctionnelle : les logs doivent permettre d'identifier les situations susceptibles d'entraîner un risque au sens de l'Art. 79 §1 ou une modification substantielle du système.
Objectifs poursuivis par le législateur
Le considérant 71 du règlement explicite l'objectif : garantir un niveau de traçabilité du fonctionnement du système d'IA adapté à la finalité visée. Concrètement, l'Art. 12 vise à :
- Faciliter le monitoring post-commercialisation (Art. 72) en fournissant la matière première à l'analyse des dérives.
- Permettre aux autorités de surveillance du marché (en France, principalement la DGCCRF, l'ANSSI, la CNIL et l'ARCOM selon les secteurs) d'investiguer un incident.
- Documenter le respect des obligations de gestion des risques (Art. 9) et de supervision humaine (Art. 14).
Pour une vue d'ensemble du règlement applicable aux PME, consultez le pillar AI Act pour les PME françaises.
2. Quels systèmes d'IA sont concernés ?
L'Art. 12 s'applique exclusivement aux systèmes d'IA à haut risque, tels que définis à l'Art. 6 et listés à l'Annexe III du Règlement (UE) 2024/1689.
Catégories couvertes
| Catégorie Annexe III | Exemples concrets | Secteur typique |
|---|---|---|
| 1. Biométrie | Identification biométrique à distance, catégorisation biométrique | Sécurité, contrôle d'accès |
| 2. Infrastructures critiques | Gestion du trafic routier, eau, gaz, électricité | Énergie, transports |
| 3. Éducation et formation | Admission, évaluation des apprenants, détection de fraude aux examens | EdTech |
| 4. Emploi et RH | Tri de CV, évaluation de candidats, attribution de tâches | Recrutement, intérim |
| 5. Accès aux services essentiels | Scoring crédit, éligibilité aux aides publiques, tarification assurance | Banque, assurance, secteur public |
| 6. Application de la loi | Évaluation du risque de récidive, polygraphes | Forces de l'ordre |
| 7. Migration et contrôle aux frontières | Évaluation des demandes de visa, vérification de documents | Administration |
| 8. Justice et processus démocratiques | Aide à la décision judiciaire, recherche jurisprudentielle | Tribunaux |
Les systèmes relevant de l'Art. 6 §1 (composants de sécurité de produits déjà soumis à une législation d'harmonisation européenne — listée à l'Annexe I) sont également concernés. Cela inclut par exemple les dispositifs médicaux IA (Règlement (UE) 2017/745), les machines connectées et les véhicules.
Systèmes exclus
Sont hors champ de l'Art. 12 :
- Les systèmes à risque limité (Art. 50) — chatbots, deepfakes : obligations de transparence uniquement.
- Les systèmes à risque minimal — la grande majorité des usages IA en PME (filtres anti-spam, recommandations marketing standards).
- Les systèmes à risque inacceptable (Art. 5) — qui sont purement et simplement interdits, et pour lesquels la question de la journalisation ne se pose donc pas.
Pour qualifier précisément vos systèmes, référez-vous au glossaire des concepts de l'AI Act.
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Demander un devis pack conformité3. Quelles informations doivent être enregistrées ?
L'Art. 12 §2 et §3 précise le contenu minimal des logs, en distinguant les systèmes à haut risque en général et les systèmes biométriques à distance en particulier.
Exigences générales (Art. 12 §2)
Les capacités de journalisation doivent permettre l'enregistrement d'événements pertinents pour :
- Identifier les situations pouvant conduire à un risque au sens de l'Art. 79 §1 (systèmes présentant un risque pour la santé, la sécurité ou les droits fondamentaux).
- Identifier les modifications substantielles du système.
- Faciliter le monitoring post-commercialisation prévu à l'Art. 72.
- Surveiller le fonctionnement des systèmes à haut risque dans la durée.
Exigences renforcées pour la biométrie à distance (Art. 12 §3)
Pour les systèmes d'identification biométrique à distance visés à l'Annexe III §1.a, les logs doivent au minimum inclure :
| Élément à enregistrer | Finalité |
|---|---|
| Période d'utilisation de chaque exploitation (date et heure de début et de fin) | Traçabilité temporelle |
| Base de données de référence utilisée | Vérifier la légitimité de la source |
| Données d'entrée ayant produit une correspondance | Reconstruire le contexte d'une décision |
| Identification des personnes ayant vérifié les résultats | Imputabilité de la supervision humaine (Art. 14) |
Bonnes pratiques pour les autres systèmes à haut risque
Le texte laisse aux fournisseurs une marge d'appréciation pour les autres catégories. Une journalisation conforme aux standards du marché inclura typiquement :
- Entrées : horodatage, identifiant utilisateur, données soumises au modèle (ou leur empreinte si données sensibles).
- Sorties : résultat produit, score de confiance, explication éventuelle.
- Conditions opérationnelles : version du modèle, version des données d'entraînement, paramètres d'inférence.
- Performances : latence, taux d'erreur, signaux de dérive (drift detection).
- Événements de supervision humaine : validation ou rejet par un opérateur, motif.
La norme ISO/IEC 42001:2023 (Système de management de l'IA) et la norme ISO/IEC 27001:2022 (sécurité de l'information) fournissent un cadre cohérent pour structurer ces journaux.
4. Durée de conservation des logs
L'Article 12 ne fixe pas lui-même de durée. Celle-ci est définie à l'Article 19 du Règlement (UE) 2024/1689.
Règle générale
L'Art. 19 §1 dispose que les fournisseurs de systèmes d'IA à haut risque conservent les logs générés automatiquement par leurs systèmes pour une période appropriée à la finalité visée du système d'IA à haut risque, d'au moins six mois, sauf dispositions contraires du droit de l'Union ou du droit national applicable, notamment en matière de protection des données à caractère personnel.
Tableau récapitulatif
| Acteur | Obligation | Durée minimale |
|---|---|---|
| Fournisseur du système à haut risque | Conservation des logs générés automatiquement (Art. 19 §1) | 6 mois |
| Déployeur établissement financier soumis au droit UE | Conservation au titre de la documentation interne | Selon la législation sectorielle (souvent 5 à 10 ans) |
| Déployeur autre (Art. 26 §6) | Conservation des logs sous son contrôle | 6 mois minimum, sauf droit UE/national plus protecteur |
Articulation avec le RGPD
Si les logs contiennent des données à caractère personnel — ce qui est presque toujours le cas pour les systèmes biométriques, RH, scoring crédit — le principe de limitation de la conservation (Art. 5 §1 e RGPD) s'applique. La durée doit être strictement nécessaire aux finalités poursuivies.
En pratique, il convient de définir une politique de conservation différenciée :
- Logs techniques anonymisés : conservation longue (12 à 36 mois) pour le monitoring.
- Logs contenant des données identifiantes : 6 mois par défaut, prolongation justifiée au cas par cas.
- Logs liés à un incident : conservation jusqu'à clôture de l'investigation et expiration des délais de prescription.
La CNIL a publié plusieurs fiches pratiques sur l'articulation RGPD/AI Act que nous recensons dans notre page sources officielles.
5. Comment mettre en œuvre la journalisation ?
La mise en œuvre concrète mobilise des compétences techniques, juridiques et organisationnelles. Voici un séquencement opérationnel pour une PME.
Étape 1 : Cartographier les systèmes concernés
- Lister tous les systèmes d'IA développés ou déployés.
- Classer chacun selon l'Art. 6 et l'Annexe III.
- Pour chaque système à haut risque, désigner un responsable conformité IA (souvent le DPO ou un IA Lead).
Étape 2 : Définir le périmètre des événements à journaliser
| Type d'événement | Niveau de détail | Sensibilité |
|---|---|---|
| Entrée du modèle | Empreinte ou donnée brute | Variable selon RGPD |
| Sortie du modèle | Résultat + score | Faible |
| Configuration et version | Identifiant version | Faible |
| Erreur d'inférence | Stack trace + contexte | Moyenne |
| Action de supervision humaine | Identité opérateur + décision | Élevée (données RH) |
Étape 3 : Choisir une architecture de journalisation
Trois options principales s'offrent aux PME :
- Stack open source : Elasticsearch + Logstash + Kibana (ELK), ou Loki + Grafana. Coût maîtrisé mais expertise technique requise.
- Solution SaaS : Datadog, Splunk Cloud, Sumo Logic. Démarrage rapide, coût récurrent.
- Service managé cloud : AWS CloudWatch + S3, Azure Monitor, Google Cloud Logging. Cohérent si l'IA est déjà hébergée sur le même cloud.
Étape 4 : Sécuriser les journaux
La sécurisation est un point d'attention de la CNIL. Les mesures recommandées :
- Chiffrement au repos (AES-256) et en transit (TLS 1.3).
- Contrôle d'accès basé sur les rôles (RBAC), avec journalisation des accès aux logs eux-mêmes.
- Horodatage signé ou ancrage cryptographique (par exemple WORM storage) pour garantir l'intégrité.
- Séparation des environnements : les logs de production ne doivent pas être accessibles depuis les environnements de développement.
Étape 5 : Documenter et former
La documentation technique (Annexe IV du règlement) doit décrire le dispositif de journalisation. Les équipes opérationnelles doivent être formées à la consultation et à la non-altération des logs.
6. Obligations supplémentaires pour les fournisseurs
L'Art. 12 ne se lit pas isolément. Il s'articule avec plusieurs autres obligations du règlement.
Mise à disposition aux autorités (Art. 21)
L'Art. 21 §1 impose aux fournisseurs, sur demande motivée d'une autorité compétente, de fournir toutes les informations et la documentation nécessaires pour démontrer la conformité du système à haut risque, dans une langue officielle de l'État membre concerné. Les logs en font partie.
Conservation par le déployeur (Art. 26 §6)
Les déployeurs (entreprises utilisatrices du système) doivent eux aussi conserver les logs générés par le système pour une période appropriée à la finalité, au minimum six mois, sauf disposition contraire.
Documentation technique (Art. 11 + Annexe IV)
La documentation technique du système à haut risque doit décrire les capacités de journalisation prévues par l'Art. 12. C'est un livrable contrôlable par les autorités notifiées dans le cadre de l'évaluation de conformité (Art. 43).
Coopération en cas d'incident grave (Art. 73)
En cas d'incident grave, le fournisseur doit notifier les autorités de surveillance dans un délai de 15 jours au plus tard (3 jours pour les incidents impliquant infrastructure critique, 10 jours en cas de décès). Les logs sont l'élément central de l'investigation à conduire.
| Obligation connexe | Article | Délai / fréquence |
|---|---|---|
| Documentation technique | Art. 11 + Annexe IV | Avant mise sur le marché |
| Conservation des logs | Art. 19 | 6 mois minimum |
| Mise à disposition aux autorités | Art. 21 | Sur demande motivée |
| Conservation par le déployeur | Art. 26 §6 | 6 mois minimum |
| Notification d'incident grave | Art. 73 | 3, 10 ou 15 jours selon la gravité |
| Monitoring post-commercialisation | Art. 72 | Continu |
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Obtenir le pack journalisation IA7. Sanctions pour non-conformité
Les sanctions applicables aux manquements aux obligations sur les systèmes à haut risque sont définies à l'Article 99 du Règlement (UE) 2024/1689, et non à l'Article 83 du RGPD comme on le lit parfois par confusion.
Plafonds d'amende administrative
| Type de manquement | Article | Plafond |
|---|---|---|
| Pratiques interdites | Art. 5 | 35 M€ ou 7 % du CA mondial |
| Manquement aux obligations autres (dont Art. 12, 19, 26) | Art. 99 §4 | 15 M€ ou 3 % du CA mondial |
| Information inexacte aux autorités | Art. 99 §5 | 7,5 M€ ou 1 % du CA mondial |
Le montant retenu est le plus élevé des deux. Pour les PME (au sens de la recommandation 2003/361/CE), l'Art. 99 §6 prévoit que le montant le moins élevé est retenu, ce qui constitue une atténuation notable.
Critères d'appréciation
L'Art. 99 §7 liste les critères pris en compte par l'autorité :
- Nature, gravité et durée de l'infraction.
- Caractère intentionnel ou négligent.
- Mesures prises pour atténuer le dommage.
- Coopération avec l'autorité.
- Degré de responsabilité (fournisseur, déployeur, importateur).
- Antécédents.
Conséquences indirectes
Au-delà de l'amende, les conséquences peuvent inclure :
- Retrait du marché du système non conforme.
- Interdiction de mise à disposition dans l'Union.
- Atteinte réputationnelle auprès des clients B2B, qui exigent désormais des attestations de conformité dans leurs appels d'offres.
- Recours civils des personnes affectées par une décision automatisée mal documentée.
Pour le détail du régime de sanctions, consultez notre article dédié sanctions AI Act et amendes pour les PME.
8. Ressources pour les PME
Plusieurs ressources gratuites permettent aux PME de progresser sans recourir immédiatement à un cabinet spécialisé.
Ressources institutionnelles
- AI Office (Commission européenne) : guide d'interprétation du règlement, FAQ, modèles à venir.
- AI Act Service Desk : guichet officiel pour les questions techniques sur l'application du règlement.
- CNIL : 13 fiches pratiques sur l'IA et le RGPD, dont plusieurs traitent indirectement de la journalisation et de la traçabilité.
- Cigref : guide AI Act publié en janvier 2025, orienté grands comptes mais utile en référentiel.
- Numeum : guide AI Act publié en mars 2025, orienté éditeurs et intégrateurs.
Normes techniques mobilisables
| Norme | Apport pour l'Art. 12 |
|---|---|
| ISO/IEC 42001:2023 | Système de management de l'IA — chapitre 8 sur le contrôle opérationnel |
| ISO/IEC 23894:2023 | Gestion du risque IA — traçabilité des risques |
| ISO/IEC 27001:2022 | Sécurité de l'information — annexe A sur la journalisation |
| ISO/IEC 27037:2012 | Identification, collecte et préservation des preuves numériques |
Autorités sectorielles françaises
Selon le secteur d'activité, d'autres autorités peuvent être compétentes : ACPR (banque, assurance), ANSM (santé), HAS (dispositifs médicaux logiciels), ARCEP (télécoms), ARCOM (audiovisuel et plateformes), DGCCRF (consommation). Une cartographie complète figure dans nos sources officielles.
FAQ
Q : Quels sont les risques pour une PME qui ne respecte pas l'Article 12 ?
Les manquements aux obligations applicables aux systèmes à haut risque sont sanctionnés par l'Article 99 §4 du Règlement (UE) 2024/1689, et non par l'Art. 83 du RGPD. Les amendes peuvent atteindre 15 millions d'euros ou 3 % du chiffre d'affaires annuel mondial, le montant le plus élevé étant retenu. Pour les PME, l'Art. 99 §6 prévoit que le montant le moins élevé s'applique, ce qui constitue une atténuation. S'y ajoutent le retrait possible du marché, des recours civils des personnes affectées et un impact réputationnel auprès des clients B2B.
Q : Comment choisir un outil de journalisation adapté à ma PME ?
Évaluez d'abord vos besoins en volume (nombre d'événements par jour), en latence (temps réel ou différé), en rétention (6 mois ou plus selon le RGPD) et en budget. Trois familles de solutions coexistent : stack open source (ELK, Loki) maîtrisée mais exigeante en compétences ; SaaS spécialisé (Datadog, Splunk) rapide à déployer mais à coût récurrent ; service managé cloud (AWS, Azure, GCP) cohérent si l'IA est déjà hébergée chez le même fournisseur. Privilégiez les solutions offrant chiffrement, contrôle d'accès RBAC et horodatage signé.
Q : Dois-je enregistrer les logs pour tous mes systèmes d'IA ?
Non. L'Art. 12 s'applique exclusivement aux systèmes d'IA à haut risque définis à l'Art. 6 et listés à l'Annexe III du règlement. Les systèmes à risque limité (chatbots, deepfakes) ne sont soumis qu'à des obligations de transparence (Art. 50). Les systèmes à risque minimal — la grande majorité des usages IA en PME — ne sont pas concernés. La première étape consiste donc à qualifier chaque système avant de déployer un dispositif de journalisation.
Q : Quelles sont les meilleures pratiques pour sécuriser les logs ?
La sécurisation s'articule autour de cinq mesures : chiffrement au repos (AES-256) et en transit (TLS 1.3) ; contrôle d'accès basé sur les rôles avec journalisation des consultations ; horodatage signé ou stockage WORM pour garantir l'intégrité ; séparation stricte entre environnements de production et de développement ; audits réguliers (au minimum annuels). Ces mesures sont alignées sur la norme ISO/IEC 27001:2022 annexe A et sur les recommandations de la CNIL en matière de journalisation.
Q : Où puis-je obtenir de l'aide pour la mise en conformité avec l'Article 12 ?
L'AI Act Service Desk de la Commission européenne répond aux questions techniques d'interprétation. La CNIL publie 13 fiches pratiques sur l'IA. Les guides Cigref (janvier 2025) et Numeum (mars 2025) offrent une lecture professionnelle du règlement. Pour un accompagnement opérationnel, des cabinets spécialisés en compliance IA proposent des audits. Les éditeurs de packs documentaires comme regulia fournissent des modèles de procédures et de registres directement adaptables aux PME.
Sources officielles
- Règlement (UE) 2024/1689 — version consolidée EUR-Lex
- Texte intégral commenté de l'AI Act
- AI Act Service Desk — Commission européenne
- CNIL — page dédiée à l'AI Act
- ISO/IEC 42001:2023 — Information technology — Artificial intelligence — Management system
- ISO/IEC 23894:2023 — Artificial intelligence — Guidance on risk management
- ISO/IEC 27001:2022 — Information security management systems
Disclaimer
Cet article fournit des informations générales sur l'EU AI Act applicables aux PME françaises. Il ne constitue pas un conseil juridique. Pour toute décision opérationnelle, faites valider votre démarche par votre DPO ou conseil juridique. regulia décline toute responsabilité quant à l'usage qui peut être fait de ces informations.